jeudi 9 octobre 2008

Inflation, déflation, comprendre

Je ne rouvrirai qu'à la marge le débat largement épuisé de l'inflation et de la déflation pour soulever un point relativement occulté à ce jour par les analystes, Le risque de voir zone Euro et US diverger largement dans l'évolution de leurs dérives monétaires.

Comme l'a fait remarqué Loïc Labadie sur son propre blog, l'effondrement d'un système de spéculation basée sur la dette privée est très largement déflationniste. La dette des opérateurs publiques est en revanche structurellement inflationniste sous réserve évidemment qu'ils aient accès à la planche à billet.

Si on doit admettre que des phénomènes similaires perturbent les équilibres financiers et monétaires aux US et dans la Zone Euro, la structure des endettements des deux zones sont très différents.

Le poids de la dette privée est considérablement plus élevé aux US. Elle est également plus fragile et moins règlementée. De plus une part importante de la dette publique, celles des collectivités locales, des états et de tout le parapublic est structurellement et politiquement très proche de la dette privée. C'est à dire éloignée des circuits de création ou de refinancement monétaire.

De ce point de vue, il est envisageable que ce soit paradoxalement l'Europe qui dispose in fine des moyens de "reflation" de ses circuits économiques et financiers, les US sombrant progressivement de la désinflation - nécessaire - à une déflation incontrôlable. Au moins pour quelques mois très cruels.

C'est peut-être bien cela que les marchés pricent en soutenant activement le dollar. Au vu de l'effondrement des prix immobiliers notamment aux US, et sur la base de la théorie de la parité des pouvoirs d'achat et de l'incapacité politique de l'état fédéral à assumer réellement une quelconque politique de soutien, il est logique que le dollar se renforce vis-à-vis de l'Euro.

C'est désormais en tous les cas mon analyse. Ce facteur est un soutien de la monnaie de réserve peut-être même aussi puissant que ceux évoqués par les analystes. Et qui ont évidemment toute leur pertinence.

mardi 7 octobre 2008

le syndrome de Reykjavík

le syndrome de Reykjavík. De quoi s'agit-t'il ?

Une très grave affection touchant les pays dont le système bancaire a cru très au delà de la taille du système économique. En clair dans ces pays, le système financier s'est mis à vivre de façon autonome, bien au delà des besoins de financement de son activité propre.

En quoi est-ce un problème, me direz-vous ? Et bien faisons bref.

En explosant tous les compteurs comme le font les banques islandaises, les dirigeants de ces groupes ont vraisemblablement permis aux pays d'engranger une activité économique non négligeable. A certain de travailler voire de gagner souvent très généreusement leur vie.

Mais ils ont mis leur pays sur la table comme un joueur engageant le chateau familial. En clair lorsque une seule banque de votre pays fait plus de six (6 yes) fois le PIB du pays et que l'activité bancaire représente 13 fois les PIB, le moindre secousse du système bancaire peut mettre à mal le système financier.

Et lorsque ces engagements ont été réalisés de manière désordonnée, c'est l'ensemble du pays qui peut tomber dans un effondrement monétaire sans précédent.

En quoi ce "syndrome de Reykjavík" nous concerne-t'il ?

Et bien c'est à ce niveau que j'ai besoin de votre concours, selon mes informations les engagements bancaires des trois premières banques belges représentent respectivement 250 % (Fortis), 170 %¨(Dexia) et 100 % (KBC) du PIB belge.

La situation est bien sûr beaucoup structurellement sérieuse encore en Irlande ou encore en Espagne où ce sont les fondamentaux long terme qui ont besoin d'être refondus et ce n'est pas qu'une figure de style. Mais ne nous leurrons pas un risque considérable pèse sur tous les pays hébergeant une activité bancaire considérable y compris dans des pays présentant des cash-flow positifs ...

Les engagements bilantiels de BNP et de Deutche Bank sont - selon mes informations - de l'ordre du volume du pays qui héberge leur holding. Et que dire de la Suisse dont les deux acteurs principaux concentre des engagements représentant à eux-seuls près de huit fois le PIB national.

Soyons clair. Si je reste relativement serein concernant les engagements des organismes bancaires français, je m'interroge sur les grands acteurs du secteur de l'assurance. Sans donner de noms évidemment.

Et vous invite à regarder l'évolution de nos monnaies avec un regard différent.

En cas de présence massive d'actifs foireux au bilan - une quasi-certitude pour les banques suisses et belges - le poids considérable des actifs foireux dans le bilan du secteur de la bancassurance aura des conséquences considérables sur le train de vie des pays concernés.

Il faudra recapitaliser les banques ou voir la taille du secteur s'effondrer à la suite de la disparition des capitaux propres. Face à un tel tsunami, il n'existe que deux solutions.

Soyons clairs voire carrément schématiques. Soit on fait payer le citoyen soit le système monétaire fait la soudure en monétisant la recapitalisation du système bancaire.

Les montants des pertes concernées sont tellement considérables qu'il peut probable que la solution fiscale soit autre chose qu'une vision de l'esprit.

Tout particulièrement en pleine récession. C'est donc à une dévalorisation progressive de l'Euro (moindre que le dollar évidemment) et d'ailleurs également du Franc Suisse qu'il faut vous attendre vis-à-vis des monnaies tierces. Vous êtes prévenus.

mercredi 24 septembre 2008

Message à un épargnant débutant ...

Ce message a été adressé un épargnant souhaitant - selon ses propres mots - investir dans l'or. Nous avons été frappé par la confusion dans le vocabulaire employé par cet épargnant visiblement perturbé par la confusion verbale régnant sur le marché de l'épargne. Cette confusion n'est-elle que verbale ....

Les conseils ne valent qu'en fonction du contexte ...

Et là nous n'avons rien sur toi, tes attentes, ta situation patrimoniale, tes horizons de placement ou encore ton gout pour le risque ...

Tu parles d'or physique "à titre d'investissement". Le terme est surement mal choisi. L'or peut être un placement spéculatif ou encore un moyen d'épargne mais surement pas un investissement.

Si tu est épargnant court terme, c-a-d que que tu souhaites que cette somme passe l'épreuve du temps sans risque, place en Euros. C'est simple et sans bavures ...

Si tu est épargnant long terme, c-a-d que que tu souhaites que cette somme passe l'épreuve du temps sans risque, l'or a largement son intérêt a en cette période quoique son espérance de rendement soit faible ...

C'est l'assurance par excellence sans risque de contre-partie. Celle qui passera réellement sans risques tous les évènements majeurs qui malheureusement sont le lot commun de l'humanité ...

Si tu es spéculateur tout autant qu'épargnant, tu peux tenter un pari spéculatif sur le métal jaune. C'est un pari sur l'incapacité de l'humanité de traiter la dégradation actuelle du système monétaire ou celui du système bancaire dans des délais et/ou des conditions raisonnables. C'est hélas un pari raisonnable.

Mais attention, tout cela n'a rien à voir avec l'investissement. Réfléchis bien au sens que tu donnes aux mots. Et si tu souhaites investir, tu dois changer de perspective.

L'investissement se construit sur des bases tout à fait différentes. Un logement qui rapportera XXX Euro par an. Un titre boursier avec ses coupons. Ou pour les plus riches et les plus patients, une start-up avec ses espérances de Bingo à 5 ou 10 ans.

Le maitre-mot de l'investissement est rentabilité. L'investissement implique la clarté et beaucoup d'informations. Le maitre-mot de l'épargne est solidité. L'épargne implique la confiance et rien qu'elle ...

L'épargne sert à E-P-A-R-G-N-E-R. Pour plus tard. Les banquiers a essayé de faire croire que l'on pouvait faire l'un et l'autre, investir et épargner, ensemble ... On a vu le résultat.

Alors, investissement, épargne longue ou court terme, choisis bien les mots que tu emploies. Choisis ta démarche. Et AMHA ne n'aventures pas sur des produits mixtes. C'est eux qui sont entrain de "crasher" notre belle planète financière ..

mardi 23 septembre 2008

Le bébé et l'eau du bain (ne pas jeter ...)

Comme certains d'entre vous d'entre vous je suis "bear de bear". Et ce depuis le début de la crise ayant soldé mon immo fin 2005 plus par obligation que par conviction. Puis, sur la base de l'analyse, mon portif PEA fin 2006 et mon portif action début 2007.

J'ai ensuite pris progressivement une position "bear" sur les marchés via des certifs bear, du gold et le reste en liquidités court terme. Dont une part à la Poste, c'est dire que votre serviteur est - utilement à ce jour - un peu parano.

Pour le reste, je pense qu'il ne faut pas se tromper de casting. Crise financière il y a, crise monétaire de façon certaine désormais. Pour autant ne jetons le bébé avec l'eau du bain ...

AMA la crise bancaire systémique ne guette pas la banque française ni allemande ni celle du nord de l'Europe.

Certes les placements malencontreux des banques allemandes (et on pourrait citer les néerlandaises et belges) sont de notoriété publique.

Certes quelques banques françaises ont misé - dans un mélange paranoïaque de croissance externe et d'internationalisation à contre-temps - sur les mauvais chevaux au dépens de leurs réseaux provinciaux si précautionneux...

Au final je ne donne pas lourd de la capitalisation boursière de la profession prise dans son ensemble à 2/3 ans. Son poids dans la celle des places financières de la zone Euro sera vraisemblablement inférieure à sa moyenne historique. Et peut-être même proche du zéro des cartes marines pour une bonne part d'entre elles au Sud de la zone. Ces dernières bénéficieront du secours des états concernés. Cela s'est fait dans le passé et se refera. Et il sera vraisemblablement temps de rentrer ...

Pour autant quelque soit la faiblesse de valeur résiduelle du système bancaire, l'absence de déficits extérieurs, la capacité structurelle à épargner du Nord de la zone Euro (largement supérieure à celle du Japon actuellement) sont autant d'atouts pour que le système passe - le cas échéant avec le concours de la BCE - l'hiver au chaud. Sans défaillance majeure, je n'ai pas dit sans défaillance ...

Attention donc à ne pas se tromper de cible quant à ses angoisses et ses enthousiasmes.

S'agissant des membres de l'OCDE la crise ne sera systémique que dans les pays présentant un bilan extérieur très négatif. A savoir des déséquilibres majeurs des balances extérieures non résorbables rapidement et un taux d'épargne privée faible. Ce n'est pas le cas de la zone Euro.

Bien sûr, rien n'est totalement rose dans le périmètre Euro. L'état italien, l'Espagne, la Grèce et l'Irlande, pour ne citer qu'eux, sont en situation critique au même titre que le Royaume-uni et, à tout seigneur tout honneur, les US. Et dans ces pays tout est possible même le pire. Et je vous passe un florilège de pays de l'Est européen que rien ne sauvera de l'intervention du FMI, pour peu que ce dernier survive.

En conclusion ne mélangeons pas les torchons et les serviettes.

La crise économique sera pour tous. Le diner des sur-capacités industrielles sera servi à tous. En revanche si la crise financière va détruire ce qui reste de capacités financières dans certain pays, elle épargnera les prudents qui verront leur épargne largement bénéficier de la remontée du cout de l'argent et de nombreuses solderies s'ouvrir ici et là sur les marchés financiers. Ceci compense bien cela ...

Dans ce panorama le précieux métal jaune a-t'il un rôle à jouer sur les marchés ? Oui mais il n'est pas en Europe.

Bien sur, dans un contexte comme le notre celui de la zone Euro, l'or peut peut être un outil parmi d'autres pour protéger l'épargnant de l'inflation.

Car bien sûr nous ne serons pas épargné pars l'inflation quand la communauté europeenne devra porter secours à son club Med. Par des aides spécifiques qui seront indispensables au sauvetage, ici de l'intégralité du système bancaire (Irlande), là de l'ensemble du système para-bancaire (Espagne).

Mais sur la zone Euro, il y a fort à parier que les comptes monétaires soient finalement - sous réserve d'une fiscalité raisonnable - d'un rendement suffisamment décent pour rendre l'alternative du métal précieux sinon caduque du moins discutable.

Mais s'arréter à l'appréciation de l'or aux frontières de la zone Euro, c'est clairement faire une lourde erreur d'appréciation ..

Prendre une position-or c'est d'abord tenter un pari spéculatif sur les errements de politique monétaire de nombreux pays d'Asie et du moyen-orient.

Par le pegging (j'invite ceux qui n'ont pas saisi de lire et relire sur le sujet), ces pays mettent l'ensemble du système monétaire internationale en péril. Et surtout détruisent en permanence l'épargne privée de leurs ressortissants, celle publique de leurs banques centrales.

Si cette attitude est justifiable en période de croissance forte, elle devient véritablement irresponsable en période de retournement.

Les pays qui ont fait le choix de la dépréciation monétaire forcée, Chine et golfe en tête (je vous fais grâce de la liste) vont remettre l'or au centre de la table. Willy-nilly.

Par l'épargne privée et même dans certains cas par l'"épargne publique, celle des banques centrales. Évidemment c'est à ce niveau très symbolique que se joue le plus gros de la partie.

Celle-ci ne fait que commencer.

lundi 8 septembre 2008

Fannie et Freddie, l'avant dernière digue vient de ...

Avec la prise en charge par le gouvernement US du bilan de Fannie Mae sur ses propres comptes, l'avant-dernière digue vient de rompre sous la pression ...

Plus précisément, le gouvernement américain, devant l'imminence de la rupture, vient d'ouvrir lui-même la brèche dans l'avant-dernier rempart avant l'envahissement définitif !

L'image est celle d'un marin du plat pays fréquentant bien souvent les eaux néerlandaise .

Qu'a fait RÉELLEMENT le gouvernement américain hier ?

En 2007, devant l'effondrement du marché privé du mortgage, la revente essentiellement à l'étranger des créances immobilières US, suite au terrible naufrage des subprime, le gouvernement américain prend deux mesures discrètes :
1- il fait verser par une agence fédérale 50 milliards de dollars discrètement à Countrywide pour que celui-ci continue à jouer spécifiquement la carte de l'immobilier pour les pauvres dans un marché totalement déserté,
2- il met la pression sur les agences fédérales en charge pour que le marché du refinancement hypothécaire ne s'effondre pas. En pratique évidement c'est bien sûr une sorte de garantie d'état sans le nom ...

Le procédé évoqué fait dire à un analyste US de la BNP avant l'hiver que c'est une nationalisation de fait du secteur que l'on assiste... Il a raison. Évidemment.

Que se passe-t'il aujourd'hui en 2008 ?

C'est l'étape suivante. Après l'effondrement du système privé, nous arrivons à l'étape ultime, la mise sur la table officielle de la garantie fédérale souveraine - et pas seulement celle des états qui aurait pu se justifier dans un autre contexte, moins dramatique - derrière le grad Monopoly immobilier américain.

Pourquoi est-ce grave ?

Oui. Parce qu'en matière financière, la confiance est essentielle. Elle est ni mesurable ni quantifiable. Quelque soit les efforts de "cotation" désormais risibles des "agences" ...

L'échelon de mesure postule en étalon de sécurité financière, la signature souveraine de l'état US. Or il aura fallu moins de dix huit mois pour que le gouvernement fédéral abatte sa dernière carte sur le dossier pourri de l'immobilier.

De l'échec du financement purement privé à la mise en échec des agences ...

Miné par le faisceau conjoint :
1) d'une incapacité politique à lever l'impot,
2) d'engagements de dépense qu'il ne pourra remettre en cause (guerres, dépenses sociales massives,
3) d'un repli des US sur ses communautés essentielles (elles sont locales),
le pouvoir politique américain ne va pas être en mesure d'assurer la pérennité monétaire.

La montée des taux ne va pas tarder. Et spectaculairement sur la zone dollar. Je peux me tromper et en serai ravi. Quoique...

Et oui les US vont faire face au "mur de l'argent". Tout simplement.

Le paradoxe historique est que ce "mur de l'argent" n'est pas celui des "200 familles" de 1936 mais celui d'une alliance bien hétéroclite des tous les épargnants de la planètes, communistes chinois en tête.

mardi 12 août 2008

le cocktail patrimonial du marin belge

De retour de vacances cela fait du bien de revisiter ses propres options patrimoniales à la lumière des évènements récents. Je vous fais part d'un schéma personnel et non sans risque et suis prêt au débat si vous le souhaitez.

L'erreur est humaine mais pour l'instant pas trop de gadin sur cette structure de patrimoine qu'il me faudra surement corriger à l'avenir. Car rien n'est assuré. Et heureusement pas même le pire :) Passons au fonds d'abord.

A mon sens les hypothèses macro-économiques de base n'ont pas changé depuis 18 mois.

L'environnement économique et financier mondial s'est retourné depuis le début 2007. Il a fallu plus de six mois aux les plus sagaces pour comprendre. Quant aux autres, ils font et feront les frais du retournement du cycle business en cours. Il y aura toujours des sourds, des aveugles et des enthousiasmes intéressés ...

L'espèce humaine a préféré financer et construire à très grand prix un parc immobilier considérable dans les pays déjà largement construits à natalité indigène faible (et oui nous !). Durant la même période de nombreux secteurs importants ont été largement désinvesti. La planète se relève avec la "tête de bois" de cette allocation inefficace de ressources.

N'évoquons que pour mémoire l'autre grosse absurdité é-c-o-n-o-m-i-q-u-e de l'époque qui veut que de biens d'usage courant fassent le tour de la planète pour se retrouver dans les garde-robes et même les garde-manger. Gageons que l'absurde pomme chinoise vendue à Paris moins cher que celle de l'Eure est désormais du passé. Notre planète ne supportera pas cette gabegie logistique monstrueuse de transports sans queue ni tête. Et non les salaires asiatiques ne justifient pas tout !

Au final troisième et énorme ineptie, des pauvres (asiatiques en tête) se retrouvent à la tête de créances considérables et pour une part insolvables auprès de riches pays de l'OCDE. Rappelons qu'un pauvre qui prête une somme non remboursée est encore plus pauvre. Il pourrait également être enclin à changer d'attitude et passer de la déférence à un autre état psychologique (colère notamment).

Ce qu'il faut retenir est simple. Nous sommes au début d'un coup de chien et d'une crise massive des engagements multilatéraux. Une crise monétaire.

Dans ce contexte c'est le maintien et non l'accroissement de son patrimoine en termes réels qu'ils faut viser. L'argent version 2010 sera bien différent de celui de la fin des années 90 ou encore celui de la période 2004/2007. Il est dur à gagner et si facile à perdre.

Le marin belge vous propose son cocktail-maison. Il s'agit d'une allocation MT. En espérant qu'il réponde aux besoins de certains d'entre vous.

La recette comprend trois tiers en parts variables selon votre appétence pour le risque :
1- 1/3 en position(s) spéculative(s) à la baisse MT,
2- 1/3 en liquide ou monétaire court terme,
3- 1/3 en métal monétaire (ne cherchez pas, il n'y en a qu'un seul totalement monétaire).

Les paris longs sur les marchés action sont totalement absents du patrimoine depuis début 2007. Car :
- les rendements de la plupart des classes actifs sous-performent massivement leurs moyennes historiques durant les périodes de vrai mauvais temps,
- il s'agit bien d'une position défensive.

Je détaille les différentes positions prises.

1 - la position spéculative à la baisse,
Les marchés vont baisser. La plupart des classes d'actifs vont voir leur rendement baisser et nombre d'entre eux vont afficher des rendement négatifs parfois sur des périodes longues. S'il n'est pas facile de travailler directement des marchés peu liquides comme l'immobilier à la baisse, Il existe bien sûr de nombreux moyens pour jouer la baisse de de valorisation MT des marchés-action.

Peu spécialiste, je me suis arrêté sur des formules simples de certifs bear.

Mon conseil. Prenez un pari que vous êtes en mesure de tenir sur une durée suffisante. Pas nécessairement le plus juteux. Mais celui sur lequel vous avez les certitudes les plus fortes. Et accrochez vous. car la volatilité n'est pas à son terme bien qu'elle finira par disparaitre. Avec le moral des spéculateurs et surtout la disparition du soutien procuré par les banques centrales aux grands fauteurs de troubles... les banquiers imprudents et leurs amis de la finance dérégulée.

Puis-je me permettre quelques propositions de paris à la baisse :

* géographiques
- la zone "Sud de l'Europe",
- les US et/ou le Royaume-uni.

* sectoriels comme :
- le secteur automobile (reflux de l'investissement des ménages),
- l'équipement industriel (surcapacités) et les matériaux,
- l'immobilier et la construction (peut-être déjà un peu tard),
- les bancaires (ce n'est pas trop tard mais très politique car elles seront soutenues très largement...),

Et pourquoi un pari sur la baisse des matières premières industrielles ou un pari sur la livre (si vous avez un produit adapté je prends!).

Quelque soit votre pari, prenez-en un que vous comprenez bien !Cette position a vocation a être débouclée avec profit pour des actifs cotés lorsque plus personne n'entrera réellement sur ces marchés et que les rendements réels versés (les dividendes) seront compétitifs. On retournera sur les marchés-action. On en est loin.

2 - la position-cash
Il s'agit de la position la plus claire. En période de "credit crunch", "cash is king". Alors quelle que soit votre aversion pour les produits stupides pour investisseurs frileux et autres retraités, prenez-en ... En plus c'est très simple. Évidemment nous parlons bien de cash liquide ou liquidable à très court terme, et pas d'autre chose. Méfiez-vous des engagements sur des durées même relativement courtes.

Cette position vous permettra de faire des affaires que seul le véritable cash peut vous permettre :
- rachat d'actifs auprès de propriétaires aux abois,
- enchères publiques (le coté le plus malsain d'un credit crunch).

Ce sera votre dé bouclage. Ne soyez pas trop pressé. Il s'agit bien d'acheter au son du canon et via un intermédiaire patenté. Car vous serez dur, très dur, trop dur pour une négo directe !

3 - la position en métal monétaire
La déflation serait la conclusion logique de l'époque qui vient de se clore. Mais la tentation de toujours, celle de défausser la monnaie et donc en priorité l'épargnant, le grand absent du paysage politique, tous pays confondus sera forte. Et pas uniquement aux US. La destruction monétaire est massive en Asie et dans tous les pays qui font le choix d'arrimer leur monnaie au dollar...

Cette position en or est destinée à couvrir le portefeuille de cash contre la destruction monétaire éventuelle dans la zone Euro. Peu probable mais qu'il faut couvrir cependant. Mais également et surtout de jouer une carte spéculative, celle du mur de l'argent en Asie et ailleurs.

Les grands patrimoines de la planète vont devoir se protéger face à la tourmente monétaire et boursière, une fin-catastrophe de Bretton Woods II. En cas de vraie débâcle (déroute de systèmes bancaires asiatiques et Est-Européens et crashes monétaires associées), il n'y pas beaucoup d'alternative au métal jaune

Cette position a vocation a être débouclée avec profit pour de l'obligataire lorsque le "marché de l'argent" aura repris une tournure raisonnable. On en est loin. Très loin. Et vous serez à ce moment là peut-être près de votre retraite, l'age de l'obligataire serein.

Je rajoutera un dernier tiers, fait d'économie de train de vie. Car cela va devenir terriblement fashion !

Je n'y connais rien en matière financière et tout ceci ne vaut évidement pas conseil. Ce n'est donc qu'un simple avis de non professionnel, sans garantie de succès et avec les multiples réserves d'usage. Un avis à la bourso.

Bonne chance à tous

mardi 8 juillet 2008

Je suis désormais ultra-pessimiste

Le scénario-catastrophe, auquel j'avais souscrit avec quelques autres sur ce forum il y a maintenant près de 18 mois et bien sûr les économistes "bear" historiques, tous américains, commence hélas à prendre corps.

Il est désormais difficile d'être tout sauf ultra-pessimiste sur l'avenir du système financier.

Mes derniers contacts avec le milieu des dirigeants bancaires français via un proche m'a permis de toucher du doigt l'essentiel. La profession bancaire est visiblement encore très largement dans un déni très large, collectif et dangereux. Et les conséquences d'un tel aveuglement vont être effectivement catastrophiques sur le financement long. Qui va s'arrêter très tard ... Mais presque totalement pour quelques pénibles années.

Le fait d'avoir véritablement tout anticipé, sauf les taux de marché qui n'ont pas monté à ce jour au niveau projeté, et d'être en plus-value sur mes actifs n'est pas suffisant pour être enthousiaste. Il n'y a aucun plaisir à voir venir le crash.

Attention, le risque est clairement pour de nombreux membres des classes moyennes qui fréquentent ce type de forum de passer de la classe moyenne à la trappe des have-nots.

Ce sera le cas tout près de nous, le Royaume-uni et l'Espagne, dont la structure sociale est affaiblie par une immigration trop rapide, vont souffrir à la fois d'un chômage qui ne sera pas maitrisable et de situations financières intenables. Et plus loin les US qui vont, n'en doutez pas, se mettre à désespérer - même avec un excellent dirigeant - avant de comprendre enfin la nouvelle donne et de repartir.

La France dispose des moyens de passer la crise sans trop de dégâts. Mais elle va voir ses clients internationaux essentiels trinquer massivement.

Veillez à sécuriser votre cash pour les 3/5 ans qui viennent. Notamment si vous avez des responsabilités familiales. Ne soyez pas gourmand. Sécurisez vos avoirs et apurez vos dettes le cas échéant. Attention aux nombreuses classes d'actifs qui vont être les variables d'ajustements.

Pour l'instant la signature de la zone Euro reste solide. Alors ne prenez pas de risques inutiles. AMHA il est trop tard pour tirer parti des bulles. Il sera difficile d'en sortir lorsque les taux vont brutalement monter et les MPs industrielles baisser fortement. C'est la dernière étape. Elle ne devrait plus tarder.

Car il est inutile de spéculer sur la recapitalisation des banques et le retour de l'argent .... Ce ne sont pas les banques qui sont broke c'est tout simplement l'épargne mondiale nette qui commence à souffrir. Des sommes énormes ont été perdues définitivement car allouées de manière perverse. Dans des investissements excessifs (Asie) ou dans le financement de la surconsommation occidentale.

Soyons simples. L'argent commence à manquer. Et la manipulation des taux courts par certains ne changera rien.

Que l'on aille vers l'inflation ou la déflation, quelque soit le dénouement, l'argent va être cher pour quelques temps. Et il va être difficile de financer des projets longs dans les années qui vont venir. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur le secteur de l'énergie qui a besoin - contrairement aux autres MPs, massivement de capitaux pour déserrer l'étreinte.

J'aimerai une fois de plus avoir tort !

Bonne chance à tous.

jeudi 15 mai 2008

un gout de sushi et de nem-crevettes

Beaucoup sur les forums boursiers francophone cherchent des boucs émissaires pour la bulle sur les actifs dont le dégonflement commence à faire si mal. A nos amis banquiers US (et européens ...) et aux primo-accédants immobiliers des années 2000. Sur une bonne part de la planète.

Cette recherche de "bouc émissaires" se comprend d'un strict point de vue ÉMOTIONNEL. Mais comme toujours sur les questions financières il importe de porter un regard analytique sur ce qui s'est passé ces dix dernières années.

LISTE DES FAUSSES RAISONS DE LA BULLE :
- l'avidité des agences immobilière et des promoteurs ou encore l'envie de s'enrichir des ménages en dehors de son travail dans un pays à l'ascenseur salarial bloqué à l'entresol (les années Leroy-Merlin en France, Kingfisher ou Home depot au Royaume-uni et aux US),
- le désir irrépressible de faire une culbute salariale en fin d'année de nos amis banquiers d'affaires et autres phynanciers,
- la gestion irresponsable de Greenspan et la déregulation massive des marchés financiers.

Toutes ces raisons sont importantes (et notamment les deux dernières) mais également très largement SUBSIDIAIRES.

Le creuset fondateur des dernières bulles spéculatives (n'oublions la bulle Internet aussi vite les amis) c'est le fameux "savings glut" si bien théorisée par nos amis américains.

De quoi s'agit-il ? De l'augmentation massive de la "préférence pour l'épargne" (vous savez cette envie de de mettre des noisettes de coté plutôt que des grignoter sur le pouce) des asiatiques.

Cette "préférence pour l'épargne" s'est spectaculairement renforcée lors de la crise asiatique. Vécue à la fois très durement par certains pays et TOTALEMENT SOUS-ESTIMÉE PAR LES OCCIDENTAUX, elle fut également une humiliation pour tous, japonais en tête.

Ceux qui pensent que la venue d'un manager français à la tête du numéro deux de l'automobile nippon fut sans conséquence se trompent énormément. Ceux qui estiment que les chinois perçurent l'évenement - dont ils ne furent que marginalement les victimes - comme un épiphénomène font du "wishful thinking".

L'Asie est sortie de la crise traumatisée. Plus près de nous, les hiérarques russes, Poutine en tête, vécurent leur propre crise avec les mêmes sentiment.

La crise financière est à l'image d'une guerre, une humiliation insupportable doublée d'une catastrophe aux conséquences concrètes particulièrement amères.

En assurant le financement à jet continu et à très bon compte des US et de pans entiers de l'Europe, en Europe orientale surtout mais également au Royaume-uni et en Espagne (dette privée), Italie et France (dette publique), l'Asie cherche depuis plus de dix à se prémunir contre les crises les plus graves.

Son aveuglement dans l'épargne a rejoint fort opportunément l'envie de consommer atavique des américains (c'est une partie importante du fameux et très matérialiste "rève américain").
Beaucoup sur ce forums cherchent des boucs émissaires pour cette bulle immobilière dont le dégonflement va faire si mal.

L'Asie est sortie de la crise traumatisée. Plus près de nous, les hiérarques russes, Poutine en tête, firent la même analyse.

La crise financière est à l'image d'une guerre, une humiliation insupportable doublée d'une catastrophe aux conséquences amères.

En assurant le financement à jet continu des US et de pans entiers de l'Europe, en Europe orientale surtout mais également au Royaume-uni et en Espagne (dette privée), Italie et France (dette publique), l'Asie cherchait à se prémunir désormais contre les crises les plus graves.

Son aveuglement dans l'épargne a rejoint fort opportunément l'envie de consommer atavique des américains (c'est une partie importante du fameux et très matérialiste "rêve américain").

Désormais sur le déclin ces pays ont pris cet argent et l'ont fort mal dépensé. On connait la suite, une spéculation sur les nouvelles technologies, non dénuée d'intérêt pour la planète et surtout un formidable élan vers l'immobilier de pays marqués par une démographie endogène (celle des natifs) à un point bas historique.

L'issue de la rencontre de cette envie d'épargner A TOUS PRIX et de celle de consommer tout AUSSI IRRÉPRESSIBLE est hélas désormais prévisible.

Une période d'austérité, une austérité organisée - et gérée par le FMI - ou un véritable naufrage sans issue ni sans chaloupe.

En fait depuis l'été 2007 Les US sont entrain de s'appliquer à eux-même un régime inverse de celui qu'ils préconisèrent il y a tout juste dix ans, via l'artifice d'un FMI confortablement installé à quelques jets de pierre du pouvoir fédéral US.

Les asiatiques regardent et comptent. Dans leur propres monnaies et dans leurs propres idiomes. Mais l'issue de la crise ne fait désormais à mes yeux aucun doute. Une large redistribution des cartes. Avec ou sans panique. Mais pas sans larmes.

Tous comptes faits, cette crise a effectivement le gout de Sushi et de nem-crevettes. Et c'est le comportement des asiatiques - que l'on espère responsable et organisé - qui déterminera in fine, bien plus que les décisions de Greenspan - l'issue de la crise.

Une remontée significative mais continue et organisée des taux long terme serait le meilleur scénario. Mais il n'est hélas pas certain.

mercredi 14 mai 2008

la ligne Maginot

C'est de plus en plus clair !

Nous avons eu droit pendant quelques mois au discours sur l'inexistence de la soit-disant "crise financière" La crise n'existait en fait que dans la tête d'une poignée de bloggers aigris, cadres au chômage et autres retraités tenaillés par l'amertume.

Désormais il est de mauvais ton chez nos experts de nier l'évidence (un proche, banquier à haut niveau me concédait en privé que même sur la France pourtant protégée via l'Euro par l'ombre portée des exportations allemande l'argent se faisait rare ... Et cher).

Alors les résistants de l'optimisme béats se tournent désormais sur une autre forme de négation.

Le message à la mode à Wall Street, Londres et la Défense (mais surement pas à Stuttgart, Shangai, Milan ou Lille, lieux de l'économie réelle) consiste à nier non la crise financière mais l'idée même qu'elle puisse débouche une récession.

Recession oui, mais récession mignonnette sans conséquences douloureuses. Justes quelques victimes expiatoires avant la reprise de la fameuse marche en avant mondiale ...

Le cœur du message est désormais le suivant : "la récession n'est pas techniquement là (sous-entendant qu'elle sera partie avant qu'elle puisse techniquement apparaitre). L'Asie n'est pas touchée. Et la crise aura disparue avant d'avoir produit ses effet, sans risque de domino".

Bien sûr la plupart des lecteurs de ce forum ne sont pas dupes.

La recession est bel et bien là aux US, tellement patente que les américains eux-même dans leur grande majorité, l'ont déjà perçu dans leur entourage et/ou leur porte-monnaie.

Seule sa traduction en chiffres officielle masquée par le tripatouillage éhonté des chiffres de l'inflation et du chômage. Il suffit effectivement de truquer ces deux chiffres pour redresser une économie ... De papier.

La seconde partie de l'affirmation de nos perma-bulls de Wall Street est exacte. " L'Asie n'est pas touchée". Enfin pas dans ses mécanismes économiques (*).

Mais je rassure mes lecteurs, nous aurons bientôt droit à un bel exemple de mauvaise foi. Lorsque les volumes du transit maritime international commenceront à baisser sérieusement et/ou que les tensions géopolitiques surgiront, nous aurons droit au même discours...

Personne ne souhaite pas un refroidissement en Asie, pas plus les perma-bears que les autres. Ses conséquences seraient autrement plus fâcheuses qu'une crise de foi d'américains suralimentés au propre et au figuré, le défaut massif des américains sur leurs dettes privées n'étant pas sans risque géopolitique.

Cela n'empêche pas la lucidité.

La finance ce n'est pas le financement d'usines en Europe orientale en 1900 et autre canal de Panama ou plus récemment la gamme EuroTunnel et/ou dysney et autres plans Internet ...

C'est l'art terne et sans gloire des possibles et des rentables.

Rassurez-vous, messieurs les vendeurs de rêves imbéciles, gérants de fonds et autres banquiers sans tête ni mémoire, nous gardons trace de vos messages et conseils et saurons nous passer de vos services quand le temps de la mémoire sera venu.

Cordialement

Marin belge

(*) Concernant l'Asie, si l'économie ronronne toujours autant, touchant aux mécanismes financiers, c'est une autre affaire ....

Les prix de la grande exportations chinois sont désormais tels que les producteurs chinois préfèrent, quand ils peuvent, la commercialisation locale à l'exportation en Europe et surtout aux US ...

vendredi 25 janvier 2008

Confiance et épargne

En matière de monnaie et d'épargne, l'histoire humaine a connu toutes sortes de phases.

De la phase métallique qui nous a tenu jusqu'à la fin du XIXeme jusqu'au produit abstrait, sophistiqué et basé sur la confiance et l'expertise, le CDO ou encore "le fonds de fonds" dont certains d'ailleurs sont entrain de chercher le fonds. En passant par des produits simples et rassurants. Du livret A en passant par l'achat de titres sur Boursorama.

Ce que nombre de banquiers - y compris les grands argentiers anglo-saxons - ne semblent pas comprendre ou plutôt admettre, c'est que le système financier et monétaire est depuis près de douze mois (les prémices de la crise des subprimes) menacé.

Menacé dans ses fondements essentiels.

Par un manque de rendement des actifs ? Sûrement pas. Le moteur économique est en forme. La croissance mondiale se réduit. L'inflation grignote les marges réelles. Mais la création de richesses croit et perdure en dépit des difficultés.

Par un manque de confiance tout simplement !

La confiance est à ce point acquise que beaucoup oublient les risques associés à sa disparition et la galvaudent sans compter. Or comment la confiance pourrait-elle perdurer alors des monstruosités nous sont assenées dans ce domaine depuis plusieurs années. ?

Je vous fais grace de cette liste pénible qui commence avec le souflé manqué de la "nouvelle économie", puis l'affaire ENRON et plus récemment le placement éhonté de prêts techniquement non remboursables à des millions de familles. Et cerise sur le gateau leur revente sous forme de CDOs sur le marché.

En pratique, tout le monde le sait et personne ne le dit. LA CONFIANCE EST ENTRAIN DE QUITTER LES MARCHES FINANCIERS. Cet élément de confiance qui apparait justement comme une évidence jusqu'à sa disparition.

Je ne vous ferai pas l'analyse du phénomène, ni morale ni judiciaire. Mais le constat est là. Tout particulièrement dans le monde anglo-saxon.

Cette dégradation de la sécurité commence avec celle de la monnaie et les tripatouillages associés des chiffres de l'inflation et des taux d'intérêt offerts sur le marché.

Comment être confiant dans son épargne fiduiciaire lorsque les taux de l'intérêts ont été durablement en dessous de l'inflation durant près de quatre à cinq ans? Une malhonneteté collective. Mais dont l'économie va payer le prix.

Comment être confiant lorsque la fonction bancaire qui mélange désormais dans un subtil mélange le conseil et la vente, la gestion du crédit et le trading ? Provoquant des conflits d'intérêt comme autant de pousse-au-crime.

Les régulations ont sauté. Les verrous moraux sont sûrement également d'une autre époque.

Reste un système judiciaire dont chacun sait qu'il n'interviendra qu'a posteriori et qu'il ne réparera ni les préjudices financiers à leur niveau exact ni les dégats économiques collatéraux.

Dans une telle période, espérons que notre pays - et la zone Euro - seront trouver les moyens de maintenir cette confiance sans lequel l'investissement est tout simplement impossible. L'attitude des autorités monétaires est de ce point de vue essentiel.

Face à ce regain d'incertitude qui touche - au delà des produits d'ingénierie financière - également à l'essentiel, à savoir l'élément monétaire, je formule un pronostic.

La dématérialisation de la monnaie pourrait bien connaitre un surprenant retour en arrière. En souhaitant qu'il ne soit que très temporaire.

Je n'en suis à ce stade hélas pas convaincu. Le risque de régression du système monétaire et bancaire augmente désormais à chaque tentative de manipulation du dit système. Tout particulièrement aux US.

De l'honnêteté, messieurs !

mercredi 23 janvier 2008

Je pense comme l'ami Soros

Le monde a en fait changé. En si peu de temps. Ceux qui reviennent d'un voyage de tourisme industriel en Asie vous le diront. Sans pour autant trouver les mots.

Désormais la puissance industrielle est en Asie. Les US ne sont plus que le grand client traditionnel - l'ancienne puissance de tutelle fatiguée. Comme le fut la Grande Bretagne vis-à-vis des US durant les années 20.

Bien évidement, le monde ne le sait pas encore. Comme durant les années 20 et 30, l'ancienne puissance de tutelle maitrise encore presque totalement les symboles (média et arts) et, pour part, l'ingénierie financière grâce à la puissance rémanente de sa monnaie. Souvenons-nous du rôle incroyable qui fut celui de la livre Sterling ? Nos amis britanniques sont encore, pour la plupart, attachés à son fantôme.

Mais regardons les choses en face. Les US ne sont qu'une pale imitation de ce qu'ils furent durant la période qui va de 1920 à 1970.

Si la puissance des US ne s'est pas évanouie, c'est en grande partie grace au crédit accumulé, au sens propre comme au sens figuré par le dollar, "figure de tutelle" du commerce international. Et grace au formidable effort mené par une poignée d'entreprises dans les nouvelles technologies dans un dernier grand effort démarré au début des années 80.

Mais ne nous mèprenons pas. Ni Cisco, ni Microsoft ou Google ne font la planète même s'ils sont un élément essentiel de notre quotidien. Et la tentative de transformer le pays entier en laboratoire des nouvelles technologies (la fameuse bulle Internet) a montré qu'on ne saurait sauver l'ancienne puissance industrielle par un va-tout technologique. L'intelligence n'est en effet pas un bien exclusivement US. Et ce en dépit de l'excellence reconnue des universités nord-américaines.

Attention au miracle trompeur des média. Les US ne sont pas à l'image des contenus projetés à jet continu sur la planète. L'avenir est en Asie, industrieux et laborieux. La puissance ne se mesure pas à l'image véhiculée. C'est bien là-bas que s'y concoctent désormais les technologies du futur. Et que si accumule actuellement une quantité monstrueuse de capacités industrielles dans tous les domaines possibles.

Et c'est d'ailleurs en raisons de ces surcapacités - désormais financées par l'Asie et non plus par les joint-ventures du siècle précédent - que la prochaine crise capitaliste aura lieu en Asie. Et qu'elle sera sanglante.

La crise des subprimes n'est qu'une crise de crédit ordinaire. Le prochain hoquet des marchés asiatiques sera à l'image des crises qui ont émaillé la vie économique des pays au coeur du système capitaliste depuis deux siècle. Une brutale crise de surcapacité. Sans filet financier pour beaucoup des acteurs.

Dans ce contexte quelle place pour l'Europe. Une place de choix ! Celle du banquier tierce partie et du client discret. Conscient de ses forces mais également de ses faiblesses.

A cet égard, notre unité politique croissante est désormais aussi importante pour l'avenir de nos enfants que la qualité de notre économie. Ne l'oublions pas.

vendredi 14 décembre 2007

Pourquoi l'or-métal va se comporter royalement

Petit exposé rapide sur mon sentiment concernant l'or-métal. Je ne prétend pas couvrir le sujet avec exhaustivité ni objectivité. Un point de vue de plus.

L'or-métal va faire l'objet d'une re-découverte par de nombreux particuliers fortunée sur la planète. Détaillons pourquoi.

Le métal jaune métal possède une valeur anxyolithique intrinsèque. Et nous sommes à l'orée d'une guerre monétaire, ou plutôt d'une spirale monétaire négative sur les trois grandes zones monétaires mondiales (US, asiatique, européenne), Je ne développera que modérément l'argumentaire par manque de temps mais reprenons rapidement.

CONCERNANT LA VALEUR ANXIOLITHIQUE de notre précieux métal,on relira "l'avare" de Molière et la copieuse littérature sur ce sujet ... L'or-métal a cette remarquable qualité d'être doté d'une valeur résiduelle élevée dans les pires conditions. En ces temps de déroute bancaire, le fait d'être sans contrepartie dans le système bancaire, ce n'est pas un mince argument.

L'effondrement en cours de la dette privée US - on peut s'attendre au pire -va rappeler à tous qu'une obligation ("security" en anglais ourf!) n'oblige en pratique que celui qui l'achète ... Sauf à disposer d'un environnement monétaire, juridique et fiscal favorable comme celui dont a bénéficié la finance anglo-saxonne depuis 1945.

Les clients de l'obligataire privé - à 60% aux US - et notamment ceux qui recherchaient l'introuvable AAA privé, vont faire migrer une part de leurs avoirs désormais en péril vers l'or.

Dans la mesure où cette re-découverte de l'or-métal est pour beaucoup une véritable primo-découverte, je ne m'attends pas, contrairement à beaucoup de "gold bugs" à un pic brutal façon 1980 mais bien à une montée longue et inexorable de la valeur du précieux métal.

CONCERNANT LA SPIRALE MONÉTAIRE NÉGATIVE, je me suis déjà largement exprimé sur les forums bourso. Le fonds de l'argument est à trouver en Chine, non sur la côte mais bien dans les régions reculées du pays. Le gouvernement chinois pratique depuis des années une politique de dumping monétaire en accrochant le yuan directement au cours du dollar.

Si cette politique était justifiable en période de dollar fort ou raisonnablement faible, la poursuite de cette politique monétaire aujourd'hui est à la fois économiquement et socialement dangereux et surtout financement inepte.

En fait aujourd'hui la Chine possède une infrastructure industrielle très largement suffisante pour faire face aux besoins actuels de la planète (sauf à supprimer toute industrie ailleurs sur la planète ...). Or le pays continue de sous-évaluer agressivement sa monnaie et poursuit sa politique d'investissement sans faiblir. Car désormais toutes les régions de la Chine, sauf les plus reculées, veulent ce que la côte a obtenu. Un niveau de vie se rapprochant de à celui des autres pays industriels. C'est évidement impossible pour d'évidentes raisons de marché.

IL serait financièrement sain et économiquement judicieux de voir l'investissement industriel faiblir en Chine. Il serait temps également de laisser pour un temps la monnaie respirer et remonter mécaniquement entrainant à la hausse le pouvoir d'achat de sa population tout en stabilisant durablement l'inflation. Et pourtant nous avons toutes les raisons de penser que Pékin, arbitre de toujours entre la côte occidentalisée et les campagne réservoir historique de l'armée et soutien du parti, choisira de soutenir les "campagnes". Et d'ignorer la position de la "Bank Of China" désormais favorable à une montée progressive du Yuan.

Au final, la Chine va dans les prochains mois laisser sa monnaie plonger avec le dollar (dont le sort est connu de tous ici) entrainant à sa suite le YEN et toutes les monnaies de sa zone. Afin de poursuivre "son grand bond en avant". A marche forcée. Le président s'est exprimé récemment à ce sujet. Son discours ne laisse place à aucun doute sur les intentions du régime.

Dans un contexte de dévaluations compétitives sauvages, les monnaies des grand pays industriels vont s'aligner partiellement pour faire face aux sur.capacités, seules les monnaies tierces (celles des producteurs de matières premières) vont tenir AMHA. Que va faire notre Euro et les monnaies de sa zone (GBP et monnaies nord et est-européennes) ... Monter relativement certes. Mais cela ne pourra durer. Pour d'évidentes raisons, Jean-Claude Trichet devra lâcher la bride. Pour sauver non EADS mais bien le secteur automobile européen.

Cette situation d'affaiblissement massif et systématique de toutes les monnaies-papier va permettre d'éviter une déflation généralisée mais elle ne peut que renforcer le rôle de référent monétaire de l'or. Tant auprès des anciens riches, les pays industriels en concurrence sauvage les uns contres les autres, et les nouveaux riches positionnés en arbitres.

mercredi 3 octobre 2007

Pourquoi il faut relire le grand Ludwig

En 1912, Ludwig Von Mises produit un ouvrage théorique déterminant et fondateur sur la monnaie (Théorie de la monnaie et du crédit) dans lequel il montre l'importance majeure des taux d'intérêt sur l'économie.

Qu'est-ce que le taux d'intérêt ? Une indication claire de la préférence du marché pour l'investissement vis-à-vis la consommation immédiate ? Le fameux "je loue ou j'achète ?"

En réduisant artificiellement les taux d'intérêt sur une longue période (via les taux directeurs des banques centrales), on augmente considérablement et artificiellement LA PERCEPTION DE L'INTÉRÊT DES INVESTISSEMENTS A LONG VOIRE TRÈS LONG TERME. Au point de rendre certains investissements totalement déraisonnables ... attractifs.

L'inflation s'en suit mécaniquement et la tolérance des marchés reflue brutalement. Ceux-ci veulent un retour sur cash beaucoup plus assuré et plus immédiat.

La masse monétaire finit par se contracter et une recesssion brutale a lieu. C'est toute la logique des cycles économiques que nous vivons.

Nous avons vécu une période incroyablement longue d'argent bon marché (en dessous de l'inflation réelle). Notamment aux US et en Chine. Et les choix des acteurs économiques ont été effectivement faussé durablement sur toute la planète.

Les exemples les plus frappants :
- l'immobilier de loisir utilisé 2 mois par an .... qui a littéralement couvert nos littorals (de la France à la Floride en passant par les côtes espagnoles) sans la moindre perspective de pay-back,
- le surinvestissement dans la nouvelle économie en 2000 suivie de près par les développements industriels des deux dernières années en Chine avec des business plan vraisemblablement dignes de "Perrette et le pot au lait"

Plus près de chez nous ... L'immobilier français genre Robien fait un fameux cas d'espece pour les théories du grand Ludwig.

En réduisant artificiellement les taux d'intérêt sur une longue periode (via les taux directeur), on augmente considérablement la PERCEPTION de l'intérêt des investissements à long voire très long terme. Au point de rendre certains investissements totalement déraisonnables ... attractifs.

L'inflation s'en suit mécaniquement et la tolérance des marchés reflue brutalement. Ceux-ci veulent un retour sur cash beaucoup plus assuré et plus immédiat.

La masse monétaire finit par se contracter et une récession brutale a lieu. C'est toute la logique des cycles économiques que nous vivons.

Nous avons vécu une période incroyablement longue d'argent bon marché (en dessous de l'inflation réelle). Notamment aux US et en Chine. Et les choix des acteurs économiques ont été effectivement faussé durablement sur toute la planète.

Les exemples les plus frappants :
- l'immobilier de loisir utilisé 2 mois par an .... qui a littéralement couvert notre littoral (de la France à la Floride en passant par les côtes espagnoles) sans la moindre perspective de pay-back,
- le surinvestissement industriel en Chine avec des business plan vraisemblablement dignes de "Perrette et le pot au lait"

L'immobilier français genre Robien un fameux cas d'espece pour les théories du grand Ludwig.

mardi 25 septembre 2007

Message aux banquiers perma-bull

Message sans apprêt ni relecture réalisé en réponse au eniéme message d'un banquier permabull intervenant régulièrement sur le forum CAC de boursorama sous le pseudo myboubou.

Difficile de donner toute la construction intellectuelle qui vous amène à être bear. Une chose est certaine, la profession banquière et financière est encore très largement bull dans son ensemble. AMHA pour des raisons qui touchent plus à la psychologie des foules qu'à l'argumentation technique.

La profession "telecom-systèmes d'info" était bull jusqu'à la crise (j'ai donné merci ...). Myopie compréhensible. Écoutez le message de Trichet en marge de Davos. Lire le dernier rapport du FMI sur le sujet. AMHA ils sont également bien informés. C'est à la marge des systèmes que se trouvent la lucidité et non dans le fameux et presque risible consensus des analystes.

Les investisseurs individuels qui prennent le temps de la réflexion et de la recherche d'information sont beaucoup plus lucide. Et chez eux désormais AMHA le sentiment bear est majoritaire.

Un pointeur macro-éco de TRES GRANDE VALEUR, le blog de roubini. Concernant l'immo US le blog "calculated risk. Et sur la catastrophe annoncée dans le petit monde de la dette privée (US à 80%...), le blog "sudden debt" par un professionnel de la question.

J'insisterai sur Roubini. Ce type est une très très grosse pointure. Sa capacité d'investigation est sidérante et son tempérarement visiblement hors norme. L'intégralité de son blog depuis 12 mois est à lire s'il on souhaite se faire une idée complète sur la planète bear (je ne parle pas des pales copies millénaristes tout aussi ridicules qu'un vendeur de titres d'Eurotunnel à la grande époque ...).

Je relève juste deux points de votre post. Et argumente sans en avoir le temps.


PREMIER POINT

"à l'exception du segment des "subprime mortgage", les ménages US "prime" (soit 90% des encours hypothécaires US) restent solvables et le taux de défaut sur cette catégorie reste stable (alors qu'il progresse depusi début 2006 sur le "subprime" et s'élève actuellement entre 10 et 14%),"

Pas le temps d'argumenter sur le fonds. Notez cependant que :
- tout l'immobilier est touché, la distinction subprime/prime est réductrice. L'ensemble des prêts ARM vont percuter le marché. Ce n'est pas du subprime. Les Robien sauvages (le fameux flipper de Miami par exemple) est entrain d'exploser. Ce n'est pas du subprime non plus. Last but not least, l'immo business est le suivant sur la liste. Là encore ce n'est pas du subpprime. Consultez l'historique de "calculated risk" sur ces sujets,

- la situation en cash d'un ménage américain moyen est négative avec un encours mobilisable moyen inférieur à 4000 Dollars (y compris les comptes en tous genres ...)

- que la dette liée à la consommation de la "middle class" a continué à croitre sur un rythme de 11% durant le premier semestre (un rythme de cavalerie),

- qu'il est malencontreux d'inscrire les en-cours boursier dans l'épargne des ménages car leur distribution dans la population est complètement inégale. Tout particulièrement depuis la rincée du nasdaq. Seules les grandes fortunes disposent de cette épargne. Et les US sont la nation la plus inégalitaire sur le plan patrimonial des grands pays industriels (dernière étude OCDE sur le sujet).

Toute la dette privée US est désormais à mettre sous surveillance rapprochée. Et ce n'est pas avec une caution des officines publiques, genre Fannie Mae, que l'on pourra redresser ces marchés.


SECOND POINT :

"- la croissance mondiale reste forte (environ +5% de croissance du PIB l'an prochain), tirée toujours par les pays émergents, et qui demeurent moins dépendants de l'économie US grâce à l'essor de leur marché intérieur,"

Totalement exact. AMHA c'est la vraie bonne raison d'être BULL. Mais penser que ce sont les actionnaires des bourses des vieux pays qui vont encaisser les dividendes de cette prospérité, c'est du rêve.

Un contre-argument à court-terme:

La dépendance de l'Asie de nos pays est plus élevée que les chiffres ne le laissent croire. Une grande partie de la confiance des marchés sur la capacité de l'économie asiatique de supporter un défaut de sa clientèle à risque (US) tient à l'augmentation considérable des échanges intra-asiatques.

Des études précises sur le sujet montrent cependant qu'une part très importante de ces échanges ne sont liés qu'en partie à la montée en charge d'un consommateur asiatique. La mise en place d'une puissante division du travail sur l'échelle asiatique tient une large part dans la montée des échanges dans la zone Asie, les chinois assurant l'intégration industrielle, le Japon et la Corée les apports technologiques, les autres pays assurant des rôles de sous-traitant.

Il ne convient pas de surévaluer le terme galvaudé de resilience des marchés. Elle a ses limites même en Asie ...

AMHA l'industrie chinoise est totalement en surchauffe avec des plans sur la comête et des suréquipements massifs. Je suis intimement convaincu ques les chinois n'ont pas pris la mesure de l'état exact des finances de leurs clients, ni même des leurs.

Ils mettent en place une industriel ultra-moderne (regardez les excédents allemands ...) Et pour autant leurs systèmes financiers sont largement immatures. Pour des raisons évidemment politiques. Au début de cette année, le chèque et le virement bancaire étaient encore inconnus de la plupart des chinois de Shangai. Alors voir arriver une crise du surinvestissement.

Si une pause va avoir lieu, elle aura des conséquences boursières importantes sur la zone. Seule l'Inde présente AMHA un modèle de développement équilibré à risque faible.

Au final sur l'Asie le déséquilibre production/consommation nous dirige vers une de ces crises court-terme d'hypercapitalisme dont Marx avaient prévu à tort qu'elles toucheraient l'Allemagne. Le capitaine d'industrie féroce qui étrangle ses ouvriers et se retrouve sans clients. Quel etonnant et triste paradoxe pour un pays communiste.

SEULE UNE REMONTÉE DANS LES DÉLAIS DES MONNAIES ASIATIQUES LES PLUS SOUS-ÉVALUÉES PEUT ARRÊTER LE PHÉNOMÈNE. Ne comptons pas sur le gouvernement chinois pour cela. Pour des raisons politiques, donc mauvaises en ce domaine. Les autres pays sont liés à la Chine par cette chaine de sous-traitance. Et c'est donc toute l'Asie qui à court terme va manquer à son rôle attendu de "nouveau moteur de la consommation".

mardi 11 septembre 2007

la Chine file un MAUVAIS COTON

la Chine file un TRÈS MAUVAIS COTON. Le problème n'est pas économique mais financier et, in fine, politique. De politique intérieure. Pourquoi ?

En décidant - pour créer de l'emploi et de la richesse industrielle - de continuer sa politique de monnaie ultra-faible (USD pegging), le gouvernement chinois a pris une option qui est financièrement et politiquement dangereuse.

Face au flux de paiement des exportations (USD, EUR,YEN ...), les autorités chinoises impriment effectivement du yuan à jet continue sur le marché chinois (artificiel et non convertible) pour maitriser la valorisation de leur papier.

Cette inflation est un phénomène technique non maitrisable associé au maintien artificiel de taux de change bas. Mais elle sanctionne massivement le salarié (revenus et épargne fixes) aux dépens de "l'homme d'affaires" (revenus indexés) dans son pouvoir d'achat.

Mais ce n'est finalement pas le plus sérieux. En truquant la carte monétaire les autorités chinoises augmentent :
1) la propension du pays à investir dans l'INVESTISSEMENT PRODUCTIF d'exportation car le marché intérieure ne démarre pas (par insuffisance de pouvoir d'achat),
2) celle de l'épargnant à prendre une posture d'abord défensive puis totalement spéculative contre la hausse des prix de base induite sur les actifs immobiliers et surtout boursiers (plus de 100 millions de comptes ouverts récemment ....).

EN LUTTANT PAR L'INFLATION CONTRE UN AJUSTEMENT MONÉTAIRE NATUREL ET SAIN, les autorités chinoises ont donc très vraisemblablement contribué à :
1) augmenter massivement excessivement l'offre industrielle chinoise par le surinvestissement,
2) une mauvaise allocation des ressources via la spéculation boursière et et immobiliere,
3) repousser l'irruption du consommateur indigène (dont le pouvoir d'achat suit le dollar à la baisse !!!) dans le circuit économique de nombreux produits industriels,
4) déséquilibrer le partage de la richesse au profit de la nouvelle bourgeoisie d'affaires, de l'état chinois et de la nomenklatura.

Or dans le reste du monde la demande en biens durables va se réduire temporairement avec la fermeture du robinet du crédit à la consommation dans les pays fonctionnant à découverts, LE RISQUE DE SURCAPACITÉS INDUSTRIELLES MAJEURES ET DURABLE EST DÉSORMAIS TRÈS ÉLEVÉ. Et ce dans de très nombreux secteurs.

La liste des ces pays sur-endettés et aux balances extérieures déséquilibrée n'est pas longue (US, GB et l'essentiel de l'ancien Commonwealth, Espagne ...). Mais les US qui en représentent l'essentiel vont voir le crédit à la consommation s'étrangler prochainement. L'effet d'entrainement, de domino est hélas très probable. Une déflation massive sur les prix industriels planétaire est non seulement probable mais quasiment écrite si LES CHINOIS NE LAISSENT PAS LE YUAN FLOTTER PROCHAINEMENT.

Alors quand aurons-nous l'alerte rouge ?

AMHA Nous n'y sommes pas heureusement. Mais à tout moment la confiance peut quitter Shanghai. Car les résultats financiers vont apparaitre. En 2008 ils seront là.

Le mouvement peut-il se précipiter ? Oui mais pas sans évènement politique. Pourquoi ?

Le modèle de croissance chinois est basé des investissements (avec des mises en place longues). Nous n'aurons pas les bilans assez tardivement.

Un peu comme pour la nouvelle économie. Lorsque les nouvelles capacités industrielles chinoises vont commencer à peser lourdement sur les marchés internationaux et que les instruments financiers et comptables ne pourront plus rien masquer.

Je pense que c'est un évènement extérieur à la vie économique locale qui va déclencher la difficulté sur le s marchés chinois. Et je ne lis pas dans le marc de café.

IL EST ENCORE TEMPS DE REDRESSER LA BARRE MONÉTAIRE PAR UNE RÉÉVALUATION MONÉTAIRE SUR L'ASIE (YUAN, YEN et satellites).

C'EST SOUHAITABLE POUR LA PLANÈTE. MAIS JE N'Y CROIS PLUS.

DÉSOLÉ. LA CHINE N'EST PAS UNE DÉMOCRATIE ET IL Y A TROP D'INTÉRÊTS PRIVÉS A LA POURSUITE DE CETTE MAUVAISE POLITIQUE.

PS: ces spéculations sont personnelles et issues d'un simple travail de réflexion sur des éléments repris dans la presse internationale et sur des blogs internationaux de langue anglaise. On peut ne pas y souscrire. Mais les logiques économiques fondamentales sont bien souvent têtues.

vendredi 4 mai 2007

Chine : argumentaire pour les bears

Aujourd'hui on vend la lune aux investisseurs notamment en Asie. Le marché monte, monte et personne ne voit de raison valable à une baisse des anticipations.

Demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Les sociétés cotées ont un avenir radieux. Et à en croire les analystes, les titres - et exclusivement ceux cotés au premier marché - sont encore incroyablement bon marché.

La situation des US se détériore aux US mais n'inquiètent visiblement que les bilieux et les dépressifs.

Pourquoi ? Parce qu'un mythe vient de faire son apparition, celui de la Chine, un nouveau Far West. Mais un Far West light. Avec ses mines d'or bien sûr. Et ses troupeau de bison. Mais sans les indiens, la guerre de sécession et ses crises à répétition (les fameuses panics de la seconde partie du XIXeme siècle).

AMHA la situation est installée et ce mythe soutient solidement les marchés.

Seule une crise en Asie et spécifiquement en Chine est en mesure de percuter ce mythe et de déclencher la correction salutaire nécessaire.

Nous en avons eu un premier aperçu en février. Ce n'était finalement qu'une quinte de toux vite oubliée sans véritable fondement.

EN BREF SI VOUS ATTENDEZ L'AJUSTEMENT REGARDER VERS L'EST ET NON VERS L'OUEST. MÊME UN NOUVEAU 9/11 NE FERA PAS CHUTER WALL STREET. C'EST D'ASIE QUE VIENDRA LA GRIPPE.

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Qu'est-ce qui va déclencher la crise. Je vois deux facteurs essentiels sur l'Asie. Un risque macro-économique à court terme, celui de surcapacités massives. Un risque patrimonial, à moyen terme celui-là.

1 - le risque de sur-capacité
La croissance mondiale a enregistré de fabuleuses années. Avec des taux de croissance impressionnant.

Les capacités de production explosent en Asie. La Chine est l'usine du monde. Et pour autant la consommation intérieure chinoise reste incroyablement faible.

Les raisons, on l'aura compris, sont nombreuses et partiellement politiques. L'état chinois TRÈS NATIONALISTE construit sur la sueur des générations actuelles - à la manière des capitalistes européens du XIXeme - l'industrie de leur pays. Pékin affranchit la Chine des 200 années de faiblesse et d'humiliation coloniale.

Mais au final ce pays vient de mettre en place un dispositif économique totalement déséquilibré (50% du PIB dans l'investissement). Et le pays ne peut que générer des excedents structurels massifs, avec tous ses partenaires.

Celà peut-il durer ? Évidement non. Et d'autant moins que l'un des clients, les US, va prochainement mettre le genou à terre et que la monnaie de réserve destinée aux stockage des excédents perd rapidement de sa crédibilité.

Ne pouvant plus utilement stocker ses excédents sous forme monétaire, la Chine va devoir à la fois trouver d'autres moyens de stockage de ses excédents et établir des relations plus équilibrées avec ses clients.

Le pourra-t'elle à court terme ? Nous avons toutes les raisons d'en douter. L'avènement d'une société de consommation dans ce pays pose des problèmes politiques qui ne seront pas surmontés dans un avenir proche. A court terme il semble que l'afflux de liquidités dans le pays provoque un surcroit de spéculation. On peut

Une crise de surinvestissement est non seulement possible mais vraisemblablement inévitable.

2 - le risque patrimonial
Il est loin d'être assuré que les entreprises occidentales pourront RAPATRIER de gros revenus de pays comme la Russie ou encore la Chine. Les coups tordus du gouvernement russe sont sur la place publique. Alors attardons-nous sur l'eldorado chinois. De Danone à Alcatel, même les champions occidentaux rencontrent des difficultés à contrôler leurs opérations en Chine.

Il fut un temps où la France - nationaliste - favorisait fortement ses champions nationaux aux dépens des multinationales étrangères. La Chine fera de même. et protègera ses propres intérêts avec efficacité ...

Nous y trompons pas. Si l'état chinois a facilité l'implantation de structures exportatrices qui contribuent fortement à sa balance extérieure, il sera beaucoup difficile de remonter des dividendes importants d'entreprises tirant parti du marché chinois.

Seules les entreprises dotées d'une position technologiques ou de marché TRÈS fortes sortiront gagnantes du bras de fer en Asie. Je n'achète absolument pas en particulier le scénario d'une ouverture durable du monde des services financiers chinois aux opérateurs occidentaux.

Nous ne sommes ni à Londres ni à New York. La Chine sort d'un épisode colonial douloureux. Il est surement présomptueux de l'oublier.

mercredi 4 avril 2007

DOW et NAS sont entrain d'envisager à nouveau les plus hauts

DOW et NAS sont entrain d'envisager à nouveau les plus hauts alors que les fondamentaux se dégradent aux US. Je ne comprend pas. Celà ne me plait pas. Et me met clairement mal de mauvais poil.

Sur ce sujet je n'achète pas la théorie du complot. Le style "Bush et Paulson manipulent les marchés". Très peu pour moi. Même si cela fait un bon sujet de polar ou un article croustillant (cf. l'article du New York Post).

www.nypost.com/seven/04032007/business/hank__why_are_you_ignoring_my_foia_requests__business_john_crudele.htm

J'achète plutôt la complaisance individuelle des dirigeants et des journalistes, l'avidité peu responsable des gestionnaires de fonds et la bêtise collective des marchés et des investisseurs.

Si l'on regarde au delà de l'habituel consensus mou autour de ce qui a fait la croissance de ces dernières années, que constate-t-on aujourd'hui mercredi 4 avril ?

1 - que les marchés financiers US - désormais inquiets pour l'état du patrimoine des ménages US immobilier - ont écouté avec révérence les informations de David Lereah. Et les marchés y compris le NIKKEI ont pris pour "argent comptant" son appréciation d'agent immobilier en chef sur le niveau des transactions immobilières. Et un fameux rebond de .7%.

Y compris quand les statistiques sont réalisées et désaisonnalisées dans la plus totale absence de transparence (cf site realtor).

Pourquoi suis-je en colère ? Parce la planète est au courant du désastre en cours et qu'elle fait semblant de croire un agent immobilier sur l'état de son business.

http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=afeIHpPBkqTg&refer=home

Pour plus d'informations sur le facétieux et manipulateurs Lereah, on peut consulter le peu transparent site de la FNAIM US et un blog humoristique lui est dédié.

http://www.realtor.org/
http://davidlereahwatch.blogspot.com/

2 - que les indicateurs d'activité et de consommation US sérieux ne sont pas à l'orange mais bien au rouge. Les ventes de véhicules sont en baisse générale, au alentours de 4% d'une année sur l'autre. Le secteur industriel vit une forte contraction de ses rentrées financières (dollar collections - 7,8% selon l'étude CMI).

Le secteur de la construction neuve résidentielle est lui carrément dans la tourmente. Le patron du Bouygue US, Horton, annonce clairement "2007 Is Going to 'Suck'" et se refuse à tout pronostic clair. De la part d'un industriel cela indique une dégradation massive et grave des conditions du marché. On s'en doutait.

http://www.nacm.org/resource/press_release/CMI_current.shtml

http://www.forbes.com/feeds/ap/2007/03/07/ap3495962.html

3 - que les marchés obligataires sont entrés dans un mutisme qui sied à l'argent quand il doute. Les milieux chargés de la gestion patrimoniale sont désormais dans une logique non plus d'accroissement de la richesse mais de "préservation du capital". La crainte est là diffuse. Le réseau Bloomberg annonce clairement la donne. Et c'est bien. Merci pour leur neutralité.

Le milieu bancaire lui-même ne sera pas épargné. Le secteur - a priori au dessus de tous soupçons en raison de sa règlementation exigeante - va pourtant payer lourdement ses relations incestueuses avec celui des "funds" sans fonds et des "securities" sans sécurités.

Un "credit crunch" de grande ampleur se préparerait-il dans la plus grande discrétion ? Allez voir votre banquier et demandait lui un gros credit CE MATIN. Je pense que vous aurez la réponse. Mais peut-être l'aviez-vous déjà.
Vous vous en doutiez, nous aussi ! Les milieux financiers n'aiment pas les trous noirs.

http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601170&sid=aKRGlm3vCAX8&refer=home
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aMk6nAu9pGoI

Merci à William Rhodes, président de la citibank de nous alerter sur la nature des risques. Il est cependant bien seul à tirer sur la sonnette d'alarme (lire notamment son article FT Times du 28/3 "A market correction is coming, this time for real"), à Stephen Roach de Morgan Stanley, toujours vigilant et surtout à Nouriel Roubini pour son examen remarquablement anticipé et sans concession de l'incroyable bulle immobilière US.

J'ai perdu un peu de l'argent gagné en 2006 sur un pari "bearish". Est-ce grave ? Pas tant que cela. Mais surtout je ne comprend plus le marché. Si cela persiste je sors mes modestes billes et achète des Naps.

mercredi 7 mars 2007

Mon scénario gold

Je spécule sur un scénario déflationniste à CT lorsque les détenteurs d'actifs, bourse en tête, prendront vraiment en compte les TRÈS mauvaises nouvelles qui filtrent actuellement concernant la situation US. Le système en place (basé sur un dollar cher et paradoxalement empruntable à des taux ridiculement bas au regard de l'inflation réelle et surtout des risques) va se vautrer assez brutalement. Pas cette fois-ci sans doute car les mauvaises nouvelles ne font que commencer à transpirer. Mais ce système basé sur un crédit sans contrôle est épuisé.

Dans ce type de scénario, l'or ne devrait pas repartir sous la poussée de ce système inflationniste à bout de souffle (hedge, banques anglo-saxonnes qui traitent l'or comme un simple support technique de spéculation) mais à partir de la demande beaucoup plus pérenne des détenteurs de créances de LT (Golf, Asie).

Ce n'est pas fait et je fais le pari que ce redémarrage n'interviendra qu'après une période de rupture déflationniste du système en place. Bref pas sans une crise de liquidité.

Paradoxalement je suis confiant contrairement à certains notament Alex sur le comportement de l'or en période de déflation. Car de nombreux opérateurs financiers ne seront pas en mesure de résister à un "argent cher". E n dépit du credit crunch l'or devrait, contrairement aux MPs, résister dans un mouvement désordonné de "flight to safety" avant que - scénario bien connu - les politiques ne flinguent définitivement leur monnaies respectives dans une belle harmonie internationale.

Nous serons ici dans un scénario bien connu de ceux qui ont connu les années 70. Petit minute d'émotion pour ceux qui ont vu leurs proches compter les naps devant l'écran de télévision noir et blanc !

Parmi les mesures qui devraient pousser notre bon vieux métal jaune, on peut envisager hélas tout un florilège de mesures inattendues au pays du capitalisme libéral face à la dureté des temps,
- soutien "à bout de bras" de son système financier défaillant et une politique quasi-socialiste de type "droit au logement" face à une montée dramatique des foreclosures,
- mise en place d'une floppée de mesures sociales ayant un impact très négatif sur les finances publiques (emploi, santé, retraite).

Et là nous assisterons une remontée durable des métaux précieux avant qu'un nouveau SMI ne mette en place. Nous n'en sommes pas encore là.

My .02 cents ...