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lundi 4 mai 2009

“We’ll never give up on new investments,”

“We’ll never give up on new investments” , "nous ne renoncerons jamais aux investissements". Cette phrase extraite d'une conférence de presse d'un dirigeant d'un des plus grands armateurs chinois donne le ton. En plein marasme économique. Ce genre de nouvelle n'est évidement pas de nature à rassurer l'actionnaire privé sur l'avenir financier de cette entreprise.

Nous ne dramatiserons inutilement pas la nouvelle de Bloomberg. La construction et le lancement de nouveaux navires de commerce tient plus de la nécessité sociale impérative que la myopie financière.

Les autorités chinoises ont mis en place une politique d'incitation forte à l'investissement. Politique massive contra-cyclique destinée à forcer l'allure en cette période marquée par un retrait de la grande exportation, majoritairement à destination des pays de l 'OCDE. Les industriels suivent. C'est en l'espèce simple et justifiable. Au moins court terme.

Cette politique donne d'ailleurs déjà des résultats conformes aux attentes des dirigeants dans la mesure où les volumes nominaux d'investissement ont cru de manière spectaculaire. On lira à ce propos avec intérêt les post du blog de Michael Pettis. Lequel nous alarme utilement sur l'étranglement du secteur des PME et de l'économie de services, un véritable avant-poste de la consommation locale. Signe que l'économie chinoise est toujours dans la logique précédente.

Je suis persuadé, comme Michael, de la nécessité de voir l'économie chinoise se re-balancer en faveur d'une économie faisant une plus large part au consommateur local. Et tout autant convaincu que l''étranglement en cours du secteur des PME trahit vraisemblablement la difficulté qu'a le pays à re-concevoir partiellement ce qui a fait la force de la Chine depuis une vingtaine d'années. De ce point de vue, c'est la question majeure du moment. Pour l'ensemble de la planète.

La question n'est pas aujourd'hui de savoir si cet argent dépensé en 2009 va irriguer utilement et efficacement le tissu économique chinois ou, à l'inverse, accroitre ses déséquilibres actuels et, in fine, ceux de l'économie mondiale. Finalement peu importe à court terme. La véritable interrogation porte sur la capacité d'un pays à revoir un "modèle économique de développement" qui a fait ses preuves. La Chine peut à court terme continuer sur les rails mis en place durant la décennie précédente. Mais au delà, comment le pays pourra-t'il infléchir ses axes de développement ?

Il convient d'être réaliste sur ce plan. Un grand pays revoit rarement sinon jamais ses fondamentaux de développement. Lesquels sont d'abord le fruit de son histoire, de sa culture et des évènements et surtout du "génie" de son propre peuple. La volonté politique et des orientations des dirigeants n'interviennent qu'à titre subsidiaire. Elles ne sont bien souvent que l'"art du possible".

En l'espèce, la situation est un peu différente. Les autorités chinoises disposent effectivement d'une marge de manœuvre. Une capacité à maitriser le cours des choses qui est à la fois financière - en raison de ses réserves de change - et politique - grâce à un remarquable parcours depuis Mao.

Pour autant, il ne faut pas négliger un facteur essentiel, la brutalité du retournement de cycle. Il est peu probable que l'économie mondiale retrouve la dynamique qui a marqué le début des années 2000. Et il n'est plus envisageable de continuer la partie en cours, la fameuse globalisation, dans ses conditions récentes marquées par des déficits commerciaux structurels massifs.

La Chine doit trouver dans un avenir relativement proche - disons deux à trois années - de nouveaux ressorts pour sa croissance. Les échanges internationaux se retrouvent fragilisés par l'insécurité croissante de ses instruments de paiement, y compris ceux réputés les plus solides, les monnaies de compte internationales. Et seul un ré-équilibrage progressif des balances commerciales les plus détériorées peut permettre d'éviter le pire.

La Chine doit s'inscrire dans ce mouvement. De la voitures à l'électronique grand public, et au secteur du luxe et du tourisme la planète a besoin de de voir le citoyen chinois arbitrer par sa consommation personnelle la situation économique et financière en cours.


Si les autorités chinoises tentent de forcer financièrement le pays dans une direction trop unilatéralement productiviste et mercantiliste via des investissements massifs dans les infrastructures publiques et industrielles, les marges de manœuvre pourraient disparaitre très rapidement. Et le pays manquer ses chances historiques. Et ce d'autant plus rapidement que ces investissements auront été conçus dans un esprit qui risque de devenir rapidement terriblement old hat.

Old hat les usines ultra-modernes sans le moindre client, les infrastructures portuaires sans activité, les capacités sidérurgiques en plein marasme international ... La photo-souvenir pourrait prendre des allures de désastre.

On suivra donc avec intérêt les évenements à venir et on continuera de guetter les nouvelles issues de Chine et portant sur les choix de développement et sur l'inflation.

Concernant le premier point, les choix de développement, le débat interne n'est pas hélas réellement accessible en direct pour des raisons tant linguistiques que politiques. On est le plus souvent réduit à l'anecdote. Comme dans le cas mentionné aujourd'hui. Et c'est dommage.

Le second plan - la politique monétaire - est encore plus crucial. encore La politique de reflation massive des investissements - est elle-même une conséquence directe des flux monétaires extérieurs. La masse monétaire chinoise croit et d'autant plus que ses taux de change ont été fixés à un niveau fixe arbitrairement bas.

La politique monétaire est souvent plus lisible que les débats proprement politiques, quelque soit le régime politique. Et c'est pourquoi on doit pouvoir se pencher avec intérêt sur les déclarations et les décisions de la banque centrale de Chine. Au même titre que sur celles de ses alter ego des autres grands pays industriels. Je tenterai de le faire pour mes lecteurs dans les mois à venir. Car il s'y joue sans aucun doute une part du succès de la mécanique économique mondiale des dix prochaines années.

mardi 28 avril 2009

Chine, l'aggiornmento est-il encore possible ?

Le cœur industriel de la nouvelle économie mondiale est désormais implanté en Chine, précisément dans une large bande côtière établie tout le long du littoral chinois. C'est là, et vraisemblablement pour quelques décennies, que va se jouer une bonne part de l'avenir de notre planète. Grand intégrateur industriel, doté d'une fantastique réactivité - celles des nouveaux capitalistes privés chinois - cette zone de la planète a constitué en moins de quinze années un formidable outil au services de notre humanité.

On se prend à imaginer la Chine assurant le relais des US sur la scène politique internationale. En offrant à tous les pays du monde, y compris les plus pauvres, le spectacle de l'enrichissement à la fois spectaculaire et pacifique de ses ressortissants. Le spectacle des jeux olympiques de Pékin fut pour beaucoup, chinois ou non, l'annonce de cette ère nouvelle, celle d'une population chinoise, active, joyeuse et citoyenne du monde.

Cette hypothèse optimiste ne doit pas être évacuée. Car la Chine offre les leviers d'un développement harmonieux. Mais il ne faut pas se voiler la face. La situation actuelle ne répond pas aux attentes légitimes que tous peuvent avoir. Citoyens ordinaires chinois en tête. Et les risques sont désormais nombreux de voir le modèle de développement choisi par ce pays déraper à court et même moyen terme (5 ans).

La Chine est effectivement à la croisée des chemins. Elle doit impérativement modifier son modèle de développement comme l'ont fait avant eux, sur des proportions considérablement plus faibles, les tigres que l'Asie a lancé dans l'arène internationale, du puissant Japon à la Corée sans oublier les nombreux miracles de taille modérée que comporte la région Asie-pacifique, de Taiwan à Singapour et Hong Kong.

Tout le monde le ressent intuitivement. La Chine est potentiellement aux portes d'une nouvelle époque, un nouvel "age d'or". Elle dispose de tous les leviers utiles, le capital qui a manqué si longtemps, les savoir-faire transférés et les infrastructures en place. Ne manque qu'une juste et intelligente gouvernance pour accéder au premier rôle sur la planète.

Pourtant en cette période de crise financière et monétaire majeure, que constate-on nous sur le plan interne chinois ? Ne nous leurrons pas sur la paisibilité de la vie politique interne du pays. Le débat s'est considérablement tendu.

Tensions entre les partisans d'une normalisation progressive de l'économie chinoise sur ses acquis actuels associée à une revalorisation progressive de sa monnaie et ceux, visiblement désormais majoritaires, d'une poursuite du développement dans des conditions proches de celui des vingt dernières années. Sur fonds d'accroissement persistant et massifs des capacités industrielles et de concurrence interne.

Tensions que l'on pourra utilement simplifier en la ramenant schématiquement entre une côte désormais massivement développée vraisemblablement soucieuses d'évoluer vers un modèle proche de la Corée ou du Japon. Et d'autre part des régions plus lointaines qui n'ont pas encore atteint les places du podium. Tension arbitrée avec talent par Pékin. Mais non sans difficulté. Et surtout tension désormais largement concentrée sur le débat monétaire et ses accessoires, de la subvention aux exportations à la politique de crédit et d'infrastructure.

J'invite ceux qui ne l'ont pas fait à lire les posts parfois confus mais toujours utiles de Michael Pettis sur les développements monétaires et financiers chinois. Il semble bien clair que le pays est entrain de tenter de résister à la crise en forcer l'allure sur le plan de la politique de crédit et celle des infrastructures publiques. Aux dépens du nécessaire aggiornmento.

Forcer la machine est évidement une solution qui s'impose souvent en période difficile. Mais elle peut être risquée lorsqu'il faut en pratique d'abord et avant tout modifier son cap. La direction est bien souvent aussi essentielle que l'énergie déployée.

Les enjeux sont nombreux et les solutions sont claires. La Chine doit vraisemblablement dans un même élan :
  • permettre à ses champions industriels de monter la valeur ajoutée de leur exportations,
  • faire le deuil de certains pans de son développement initial, textile en tête,
  • associer ses citoyens ordinaires aux fruits de l'expansion.
Sur le plan pratique cet accès à la modernité n'implique pa nécessairement une liberté politique à l'occidental. Mais à minima par :
  • en priorité, la flottation de sa monnaie et l'acceptation de ses conséquences,
  • l'intégration au droit commun international de la propriété intellectuelle,
  • la mise en place de minima sociaux explicites, tout particulièrement en matière de santé.
La Chine n'est pas en mesure - pas plus que qui que soit - réaliser l'impossible. Et c'est pourtant bien le plan actuel du gouvernement chinois qui a émis clairement le souhait de :
  • continuer sa politique de "monnaie faible" et de subvention fiscale à l'exportation,
  • transférer les industries à faible valeur ajoutée dans l'Ouest du pays contre toute logique géographique et énergétique,
  • spécialiser les côtes dans les industries à haute valeur ajoutée sans modifier le modèle de création de valeur.
A court terme - dans le contexte de la crise en cours - le gouvernement semble continiuer de privilégier des efforts massifs d'infrastructure et l'augmentation des capacités industrielles par une politique de crédit très active. Au dépens de l'indispensable ré-équilibrage de l'économie au profit de la consommation interne.

Pour votre serviteur, ces choix tiennent plus du souhait de maintenir le consensus entre de très nombreux et très constradictoires "courants" que de la volonté de réaliser un "grand bond en avant". Mais les résultats risquent d'être très décevants.

Quels résultats ? A court terme, une augmentation désastreuse des surcapacités industrielles. A moyen terme, un affaiblissement progressif de la position concurrentielle de la Chine et surtout un retard à l'allumage considérable en matière de développement des "hautes technologies". Et évidement un accès toujours repoussé pour ses ressortissants aux fruits de leur impresssionnant développement.

C'est dommage. Le gouvernement chinois travaille dans un environnement particulièrement difficile et contraint. Ses marges de manœuvre sont donc particulièrement étroites. Car le pays est fort peuplé et relativement pauvre sur le plan des ressources. Une situation sans rapport avec les formidables leviers de pays mieux dotés par la nature et moins lourdement peuplés.

Ce serait une grosse déception. La planète a besoin de l'intelligence et de la consommation chinoise tout autant que de leur labeur et de leur industrie. Restent de réels motifs de satisfaction. Sur le plan interne, celui des média et de la législation qui progressent. Et surtout sur la scène diplomatique internationale où les autorités font, et depuis bien longtemps, preuve d'une sagesse que beaucoup de nos pays pourraient lui envier.

Espérons que le pays prenne rapidement la mesure des risques qu'il prend actuellement. On peut l'espérer et le souhaiter. Mais quelle que soit la qualité des gouvernants, il faut anticiper également les conséquences d'une poursuite de la politique en cours. La montée rapide des surcapacités chinoises ne peut être que désastreuse pour l'ensemble des acteurs des secteur industriels traditionnels.

Quelles conséquences sur votre épargne ? La Chine est lointaine sur le plan géopolitique. Elle est pourtant désormais toute proche sur le plan économique et financier. Ne sous-estimez pas les risques associés à l'échec des chinois à trouver la sortie élégante à leur remarquable parcours.

Si la Chines trouve les moyens d'un développement harmonieux et adouci, c'est en Asie à proximité du nouveau géant qu'il vous faudra investir massivement. Mais pas nécessairement en Chine, laquelle n'a absolument plus besoin de capitaux. Le pays n'a guère besoin de capitaux extérieurs à la recherche d'une "rente de situation". Il n'en n'aura bientôt plus le souhait.

Si le pays persiste dans le cheminement en cours nous aurons à coup sur dans un premier temps, des surcapacités délétères qui vont littéralement miner tous les secteurs industriels exposés. Et vraisemblablement des tensions majeures sur le plan des échanges commerciaux. Les multinationales exposées au risque de surcapacités risque de payer très chèrement à la fois les guerre de prix qui vont marquer la période et tout aussi vraisemblablement la réduction des échanges internationaux.

Dans un second temps, la dégradation des termes financiers et économiques amènera la Chine à réduire très sensiblement son crédit-fournisseur d'état - le fameux achat systématique des obligations d'état américaines - au profit d'acquisitions plus tangibles. La porte des marchés-action de l'OCDE lui étant fermé - à juste titre - gageons que c'est sur le terrain des minières, les champs pétroliers et sur les productions à terme des pays tiers qu'elle fera porter son effort.

Alors s'il fallait rentrer actuellement en bourse sur une dynamique sectorielle c'est sur le terrain des valeurs de l'énergie et de l'agro-alimentaire maitrisant leurs approvisionnement soit par leurs actifs ou leurs contrats à terme que je jouerai. S'il fallait parier sur une carte géographique, c'est bien en Afrique et en Amérique du Sud que je placerai des pions. Le risque est grand que nous changions de registre. Pour passer d'une aimable partie de "Monopoly" au jeu "richesse du monde". Espérons que l'ambiance reste cordiale.

PS: concernant le Tibet souvent évoqué sur les forums français, je comprend la situation et les souffrances qui y sont associées mais vous remercie de remettre ce dossier à sa juste place qui est de "politique interne".

jeudi 15 mai 2008

un gout de sushi et de nem-crevettes

Beaucoup sur les forums boursiers francophone cherchent des boucs émissaires pour la bulle sur les actifs dont le dégonflement commence à faire si mal. A nos amis banquiers US (et européens ...) et aux primo-accédants immobiliers des années 2000. Sur une bonne part de la planète.

Cette recherche de "bouc émissaires" se comprend d'un strict point de vue ÉMOTIONNEL. Mais comme toujours sur les questions financières il importe de porter un regard analytique sur ce qui s'est passé ces dix dernières années.

LISTE DES FAUSSES RAISONS DE LA BULLE :
- l'avidité des agences immobilière et des promoteurs ou encore l'envie de s'enrichir des ménages en dehors de son travail dans un pays à l'ascenseur salarial bloqué à l'entresol (les années Leroy-Merlin en France, Kingfisher ou Home depot au Royaume-uni et aux US),
- le désir irrépressible de faire une culbute salariale en fin d'année de nos amis banquiers d'affaires et autres phynanciers,
- la gestion irresponsable de Greenspan et la déregulation massive des marchés financiers.

Toutes ces raisons sont importantes (et notamment les deux dernières) mais également très largement SUBSIDIAIRES.

Le creuset fondateur des dernières bulles spéculatives (n'oublions la bulle Internet aussi vite les amis) c'est le fameux "savings glut" si bien théorisée par nos amis américains.

De quoi s'agit-il ? De l'augmentation massive de la "préférence pour l'épargne" (vous savez cette envie de de mettre des noisettes de coté plutôt que des grignoter sur le pouce) des asiatiques.

Cette "préférence pour l'épargne" s'est spectaculairement renforcée lors de la crise asiatique. Vécue à la fois très durement par certains pays et TOTALEMENT SOUS-ESTIMÉE PAR LES OCCIDENTAUX, elle fut également une humiliation pour tous, japonais en tête.

Ceux qui pensent que la venue d'un manager français à la tête du numéro deux de l'automobile nippon fut sans conséquence se trompent énormément. Ceux qui estiment que les chinois perçurent l'évenement - dont ils ne furent que marginalement les victimes - comme un épiphénomène font du "wishful thinking".

L'Asie est sortie de la crise traumatisée. Plus près de nous, les hiérarques russes, Poutine en tête, vécurent leur propre crise avec les mêmes sentiment.

La crise financière est à l'image d'une guerre, une humiliation insupportable doublée d'une catastrophe aux conséquences concrètes particulièrement amères.

En assurant le financement à jet continu et à très bon compte des US et de pans entiers de l'Europe, en Europe orientale surtout mais également au Royaume-uni et en Espagne (dette privée), Italie et France (dette publique), l'Asie cherche depuis plus de dix à se prémunir contre les crises les plus graves.

Son aveuglement dans l'épargne a rejoint fort opportunément l'envie de consommer atavique des américains (c'est une partie importante du fameux et très matérialiste "rève américain").
Beaucoup sur ce forums cherchent des boucs émissaires pour cette bulle immobilière dont le dégonflement va faire si mal.

L'Asie est sortie de la crise traumatisée. Plus près de nous, les hiérarques russes, Poutine en tête, firent la même analyse.

La crise financière est à l'image d'une guerre, une humiliation insupportable doublée d'une catastrophe aux conséquences amères.

En assurant le financement à jet continu des US et de pans entiers de l'Europe, en Europe orientale surtout mais également au Royaume-uni et en Espagne (dette privée), Italie et France (dette publique), l'Asie cherchait à se prémunir désormais contre les crises les plus graves.

Son aveuglement dans l'épargne a rejoint fort opportunément l'envie de consommer atavique des américains (c'est une partie importante du fameux et très matérialiste "rêve américain").

Désormais sur le déclin ces pays ont pris cet argent et l'ont fort mal dépensé. On connait la suite, une spéculation sur les nouvelles technologies, non dénuée d'intérêt pour la planète et surtout un formidable élan vers l'immobilier de pays marqués par une démographie endogène (celle des natifs) à un point bas historique.

L'issue de la rencontre de cette envie d'épargner A TOUS PRIX et de celle de consommer tout AUSSI IRRÉPRESSIBLE est hélas désormais prévisible.

Une période d'austérité, une austérité organisée - et gérée par le FMI - ou un véritable naufrage sans issue ni sans chaloupe.

En fait depuis l'été 2007 Les US sont entrain de s'appliquer à eux-même un régime inverse de celui qu'ils préconisèrent il y a tout juste dix ans, via l'artifice d'un FMI confortablement installé à quelques jets de pierre du pouvoir fédéral US.

Les asiatiques regardent et comptent. Dans leur propres monnaies et dans leurs propres idiomes. Mais l'issue de la crise ne fait désormais à mes yeux aucun doute. Une large redistribution des cartes. Avec ou sans panique. Mais pas sans larmes.

Tous comptes faits, cette crise a effectivement le gout de Sushi et de nem-crevettes. Et c'est le comportement des asiatiques - que l'on espère responsable et organisé - qui déterminera in fine, bien plus que les décisions de Greenspan - l'issue de la crise.

Une remontée significative mais continue et organisée des taux long terme serait le meilleur scénario. Mais il n'est hélas pas certain.

mardi 11 septembre 2007

la Chine file un MAUVAIS COTON

la Chine file un TRÈS MAUVAIS COTON. Le problème n'est pas économique mais financier et, in fine, politique. De politique intérieure. Pourquoi ?

En décidant - pour créer de l'emploi et de la richesse industrielle - de continuer sa politique de monnaie ultra-faible (USD pegging), le gouvernement chinois a pris une option qui est financièrement et politiquement dangereuse.

Face au flux de paiement des exportations (USD, EUR,YEN ...), les autorités chinoises impriment effectivement du yuan à jet continue sur le marché chinois (artificiel et non convertible) pour maitriser la valorisation de leur papier.

Cette inflation est un phénomène technique non maitrisable associé au maintien artificiel de taux de change bas. Mais elle sanctionne massivement le salarié (revenus et épargne fixes) aux dépens de "l'homme d'affaires" (revenus indexés) dans son pouvoir d'achat.

Mais ce n'est finalement pas le plus sérieux. En truquant la carte monétaire les autorités chinoises augmentent :
1) la propension du pays à investir dans l'INVESTISSEMENT PRODUCTIF d'exportation car le marché intérieure ne démarre pas (par insuffisance de pouvoir d'achat),
2) celle de l'épargnant à prendre une posture d'abord défensive puis totalement spéculative contre la hausse des prix de base induite sur les actifs immobiliers et surtout boursiers (plus de 100 millions de comptes ouverts récemment ....).

EN LUTTANT PAR L'INFLATION CONTRE UN AJUSTEMENT MONÉTAIRE NATUREL ET SAIN, les autorités chinoises ont donc très vraisemblablement contribué à :
1) augmenter massivement excessivement l'offre industrielle chinoise par le surinvestissement,
2) une mauvaise allocation des ressources via la spéculation boursière et et immobiliere,
3) repousser l'irruption du consommateur indigène (dont le pouvoir d'achat suit le dollar à la baisse !!!) dans le circuit économique de nombreux produits industriels,
4) déséquilibrer le partage de la richesse au profit de la nouvelle bourgeoisie d'affaires, de l'état chinois et de la nomenklatura.

Or dans le reste du monde la demande en biens durables va se réduire temporairement avec la fermeture du robinet du crédit à la consommation dans les pays fonctionnant à découverts, LE RISQUE DE SURCAPACITÉS INDUSTRIELLES MAJEURES ET DURABLE EST DÉSORMAIS TRÈS ÉLEVÉ. Et ce dans de très nombreux secteurs.

La liste des ces pays sur-endettés et aux balances extérieures déséquilibrée n'est pas longue (US, GB et l'essentiel de l'ancien Commonwealth, Espagne ...). Mais les US qui en représentent l'essentiel vont voir le crédit à la consommation s'étrangler prochainement. L'effet d'entrainement, de domino est hélas très probable. Une déflation massive sur les prix industriels planétaire est non seulement probable mais quasiment écrite si LES CHINOIS NE LAISSENT PAS LE YUAN FLOTTER PROCHAINEMENT.

Alors quand aurons-nous l'alerte rouge ?

AMHA Nous n'y sommes pas heureusement. Mais à tout moment la confiance peut quitter Shanghai. Car les résultats financiers vont apparaitre. En 2008 ils seront là.

Le mouvement peut-il se précipiter ? Oui mais pas sans évènement politique. Pourquoi ?

Le modèle de croissance chinois est basé des investissements (avec des mises en place longues). Nous n'aurons pas les bilans assez tardivement.

Un peu comme pour la nouvelle économie. Lorsque les nouvelles capacités industrielles chinoises vont commencer à peser lourdement sur les marchés internationaux et que les instruments financiers et comptables ne pourront plus rien masquer.

Je pense que c'est un évènement extérieur à la vie économique locale qui va déclencher la difficulté sur le s marchés chinois. Et je ne lis pas dans le marc de café.

IL EST ENCORE TEMPS DE REDRESSER LA BARRE MONÉTAIRE PAR UNE RÉÉVALUATION MONÉTAIRE SUR L'ASIE (YUAN, YEN et satellites).

C'EST SOUHAITABLE POUR LA PLANÈTE. MAIS JE N'Y CROIS PLUS.

DÉSOLÉ. LA CHINE N'EST PAS UNE DÉMOCRATIE ET IL Y A TROP D'INTÉRÊTS PRIVÉS A LA POURSUITE DE CETTE MAUVAISE POLITIQUE.

PS: ces spéculations sont personnelles et issues d'un simple travail de réflexion sur des éléments repris dans la presse internationale et sur des blogs internationaux de langue anglaise. On peut ne pas y souscrire. Mais les logiques économiques fondamentales sont bien souvent têtues.

vendredi 4 mai 2007

Chine : argumentaire pour les bears

Aujourd'hui on vend la lune aux investisseurs notamment en Asie. Le marché monte, monte et personne ne voit de raison valable à une baisse des anticipations.

Demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Les sociétés cotées ont un avenir radieux. Et à en croire les analystes, les titres - et exclusivement ceux cotés au premier marché - sont encore incroyablement bon marché.

La situation des US se détériore aux US mais n'inquiètent visiblement que les bilieux et les dépressifs.

Pourquoi ? Parce qu'un mythe vient de faire son apparition, celui de la Chine, un nouveau Far West. Mais un Far West light. Avec ses mines d'or bien sûr. Et ses troupeau de bison. Mais sans les indiens, la guerre de sécession et ses crises à répétition (les fameuses panics de la seconde partie du XIXeme siècle).

AMHA la situation est installée et ce mythe soutient solidement les marchés.

Seule une crise en Asie et spécifiquement en Chine est en mesure de percuter ce mythe et de déclencher la correction salutaire nécessaire.

Nous en avons eu un premier aperçu en février. Ce n'était finalement qu'une quinte de toux vite oubliée sans véritable fondement.

EN BREF SI VOUS ATTENDEZ L'AJUSTEMENT REGARDER VERS L'EST ET NON VERS L'OUEST. MÊME UN NOUVEAU 9/11 NE FERA PAS CHUTER WALL STREET. C'EST D'ASIE QUE VIENDRA LA GRIPPE.

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Qu'est-ce qui va déclencher la crise. Je vois deux facteurs essentiels sur l'Asie. Un risque macro-économique à court terme, celui de surcapacités massives. Un risque patrimonial, à moyen terme celui-là.

1 - le risque de sur-capacité
La croissance mondiale a enregistré de fabuleuses années. Avec des taux de croissance impressionnant.

Les capacités de production explosent en Asie. La Chine est l'usine du monde. Et pour autant la consommation intérieure chinoise reste incroyablement faible.

Les raisons, on l'aura compris, sont nombreuses et partiellement politiques. L'état chinois TRÈS NATIONALISTE construit sur la sueur des générations actuelles - à la manière des capitalistes européens du XIXeme - l'industrie de leur pays. Pékin affranchit la Chine des 200 années de faiblesse et d'humiliation coloniale.

Mais au final ce pays vient de mettre en place un dispositif économique totalement déséquilibré (50% du PIB dans l'investissement). Et le pays ne peut que générer des excedents structurels massifs, avec tous ses partenaires.

Celà peut-il durer ? Évidement non. Et d'autant moins que l'un des clients, les US, va prochainement mettre le genou à terre et que la monnaie de réserve destinée aux stockage des excédents perd rapidement de sa crédibilité.

Ne pouvant plus utilement stocker ses excédents sous forme monétaire, la Chine va devoir à la fois trouver d'autres moyens de stockage de ses excédents et établir des relations plus équilibrées avec ses clients.

Le pourra-t'elle à court terme ? Nous avons toutes les raisons d'en douter. L'avènement d'une société de consommation dans ce pays pose des problèmes politiques qui ne seront pas surmontés dans un avenir proche. A court terme il semble que l'afflux de liquidités dans le pays provoque un surcroit de spéculation. On peut

Une crise de surinvestissement est non seulement possible mais vraisemblablement inévitable.

2 - le risque patrimonial
Il est loin d'être assuré que les entreprises occidentales pourront RAPATRIER de gros revenus de pays comme la Russie ou encore la Chine. Les coups tordus du gouvernement russe sont sur la place publique. Alors attardons-nous sur l'eldorado chinois. De Danone à Alcatel, même les champions occidentaux rencontrent des difficultés à contrôler leurs opérations en Chine.

Il fut un temps où la France - nationaliste - favorisait fortement ses champions nationaux aux dépens des multinationales étrangères. La Chine fera de même. et protègera ses propres intérêts avec efficacité ...

Nous y trompons pas. Si l'état chinois a facilité l'implantation de structures exportatrices qui contribuent fortement à sa balance extérieure, il sera beaucoup difficile de remonter des dividendes importants d'entreprises tirant parti du marché chinois.

Seules les entreprises dotées d'une position technologiques ou de marché TRÈS fortes sortiront gagnantes du bras de fer en Asie. Je n'achète absolument pas en particulier le scénario d'une ouverture durable du monde des services financiers chinois aux opérateurs occidentaux.

Nous ne sommes ni à Londres ni à New York. La Chine sort d'un épisode colonial douloureux. Il est surement présomptueux de l'oublier.